lundi 21 décembre 2015

Europol travaille de plus en plus avec le secteur privé



Europol, l’office européen de police, a publié son rapport d'activité pour l’année 2014. Il convient de retenir :
  • L’augmentation de son personnel : près de 1000 personnes travaillent désormais au siège d’Europol
  • La mise en place de nouveaux accords de coopération
  • Une plus grande coopération avec le secteur privé

Europol a bénéficié d’un budget total en hausse de près de 2  millions d’euros par rapport à l’année 2013 pour atteindre 84 millions d’euros. Cette hausse budgétaire s’explique en partie par l’augmentation significative du personnel à hauteur d’une soixante de nouveaux postes, en particulier par l’augmentation du nombre d’agents de liaison qui est passé de 160 en 2013 à 182 en 2014. 912 personnes travaillent désormais au siège d’Europol (soit 62 de plus qu’en 2013), dont 101 analystes et 256 spécialistes.

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Un partenariat de plus en plus dense

La coopération avec le secteur privé s’illustre par exemple dans le cadre de la fraude de billets d’avions, qui engendrerait environ 900 millions de pertes par an.  Pour lutter contre ce phénomène, Europol a mené plusieurs opérations en 2014 et notamment ou le Global Airline Action day en collaboration avec Interpol, Ameripol, Europol, Visa inc, Mastercard, American express et l’International air transport association. L’agence envisage de développer dans les années à venir la coopération avec le secteur privé.

L’Agence a finalisé en 2014 un accord de coopération avec la Colombie qui s’est notamment illustré dans la lutte contre la contrefaçon d’euros. Cette année-là l’agence a participé à une opération en Colombie contre un magasin d’impression de faux billets, avec le soutien de la brigade espagnole d’investigation, la Banque d’Espagne, des services secrets américains et la police colombienne.

La mise en place de nouveaux accords de coopération : 6 ont été signés outre la Colombie, avec l’Albanie, la Serbie, la Moldavie, le Monténégro, et la Bosnie-Herzégovine. Plusieurs sont envisagés avec le Brésil, la Géorgie, le Mexique et les Emirats Arabes Unis.

Europol travaille de plus en plus conjointement avec des institutions plus spécialisées. L’agence a par exemple signé un protocole d’entente en mai 2014 avec l’UEFA dans le cadre du « match-fixing », afin de leur permettre d’échanger des informations sur les individus et organisations, les méthodes utilisées.  Pour lutter contre ce phénomène Europol  ouvert le nouveau  « Focal Point Sports Corruption ». 



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L’action opérationnelle

L’accent a été mis, notamment, sur la nécessité de renforcer encore les processus d’intégration et de coopération entre  les  différents  services  européens.  Le  rapport  relate  ainsi  le  caractère  fructueux  de  ces échanges  entre  les  services  de  police  notamment  au  travers  des  accomplissements  de  l’opération Archimède, exceptionnelle à la fois par son ampleur, mais également par son succès.

Un accent très fort semble également avoir été mis sur l’intégration des systèmes de communication électroniques et l’accroissement des moyens de lutte face à la menace représentée par la cybercriminalité.

Par ailleurs, le succès des équipes mixtes en matière de lutte contre le trafic d’êtres humains et toutes les formes de criminalité dans lequel il se décline s’est particulièrement vérifié en 2014. Rendu urgente par  l’accroissement  spectaculaire  des  flux migratoires,  la  coopération  a  permis  le démantèlement  d’un  nombre  conséquent  de réseaux criminels.

Une préoccupation de l’agence a naturellement été la surveillance et le démantèlement des réseaux terroristes. La lutte contre ce phénomène a ainsi été instituée comme une priorité majeure d’Europol lors de la convention de chefs de police européenne 2014.
L’attention est particulièrement portée sur le retour de jeunes partis en Syrie et susceptibles de conduire des attaques terroristes sur le sol européen. Europol a mis en place un support des services nationaux et un partage de renseignements actifs 24/24. L’agence a fourni plus de 6300 pistes aux services de contreterrorisme des Etats membres en vertu de l’Europol’s terrorist finance tracking programme (TFTP).

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Le développement de moyens existants

Europol a continué à approfondir la coopération policière à l’échelle européenne, via le développement de plusieurs de ses outils déjà opérationnels depuis plusieurs années.

SIENA. La Secure Information Exchange Network Application (SIENA), est un réseau permettant un échange rapide et sécurisé d’informations opérationnelles et stratégiques sur la criminalité entre Europol, les États membres et des pays tiers. Son activité s’est étendue en 2014, avec le traitement de 34 472 cas (soit 13% de plus qu’en 2013), dont la majorité est liée au trafic de drogues (18%), aux fraudes (14%), au vol (9%) ou à l’immigration illégale et au blanchiment d’argent (6%). Le réseau est désormais utilisé par 4663 utilisateurs (12% de plus qu’en 2013), répartis entre les 28 Etats membres et 34 pays tiers.

SIE. Le système d’information d’Europol (SIE) collecte des données concernant les activités et les personnes impliquées dans la criminalité organisée. En 2014, il contenait 259 359 documents, soit 15 000 de plus que l’année précédente. Ces données concernaient les trafics de drogue dans 29% des cas, le vol pour 20%, l’immigration illégale pour 12%, la fraude pour 6%, et les trafics d’êtres humains pour 5% d’entre eux.

EPE. L’Europol Platform for Experts (EPE) est une plateforme de collaboration pour les experts européens de l’application de la loi. Elle permet la mutualisation des bonnes pratiques, de la documentation, de l’innovation et des savoirs sur la criminalité organisée. Plus de 6000 utilisateurs, issus de 70 pays l’ont utilisée en 2014, soit près de 1500 de plus qu’en 2013. Aux forums déjà existants s’est ajoutée en 2014 une messagerie instantanée, afin de faciliter la communication au sein du réseau.

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Quelques exemples d’opérations

« Opération Sina », contre les drogues de synthèse

Un tiers de la criminalité organisée en Europe est liée au trafic de drogues. L’année 2014 a d’ailleurs été prospère pour les trafiquants, puisque le marché européen a représenté près de 14 milliards d’euros – grâce à la vente de cannabis et de cocaïne notamment, mais pas uniquement.
Cette année a ainsi confirmé l’expansion d’un nouveau phénomène : le trafic de drogues de synthèses (ex. : MT-45 en Suède). Europol, en partenariat avec le European Monitoring Centre for Drugs and Drugs Addiction (EMCDDA), a lancé une réflexion sur le façon d’enrayer la fabrication et la distribution de ces nouvelles drogues.
En parallèle, l’agence a cherché à en démanteler les réseaux, comme le montre l’« Opération Sina » (janvier 2014), qui a permis de démanteler un réseau actif depuis 2009, qui s’était lancé dans la production de drogues de synthèse aux Pays-Bas. Impliquant de nombreux acteurs étatiques (Hongrie, Autriche, Belgique, République Tchèque, Allemagne et Slovaquie), l’opération s’est soldée par l’arrestation de trois membres clefs du réseau, et la saisie de 25 kg de cocaïne.

Opération Archimède

Europol a lancé la plus grande opération  internationale  jamais  menée  contre  le  crime  organisé  en  Europe.  Pour  l’occasion, Europol avait installé au sein de son quartier général un « Centre de Coordination Européenne », rassemblant  300  officiers  et  analystes  sur  8  priorités  phares  (dont  les  migrations  illégales,  le trafic d’êtres humains, la protection des infrastructures critiques, le contre-terrorisme ou même la problématique des combattants étrangers…) pour une approche dite « horizontale » sur des groupes criminels préalablement définis.
Cette mise en commun des moyens policiers a été un grand  succès  :  après  une  semaine  de  travail,  Europol  a  pu  localiser  de  nombreuses  routes d’approvisionnement  concernant  les  trafic  d’armes  et  de  drogues.  Les  analystes  ont  même identifié  de  nouveaux  réseaux  alors  inconnus  et  procédé  à  des  saisies  importantes  d’armes  à feu, de médicaments contrefaits ou de biens volés.

 « Opération Pangea VII », contre le trafic de médicaments


L’opération Pangea VII, qui s’est déroulée en mai 2014, a eu pour objectif la fermeture de milliers de sites pharmaceutiques proposant des médicaments de contrefaçon. D’envergure inédite à l’échelle mondiale, cette opération a mobilisé les forces de police de près de 111 pays, associés à l’agence Europol. L’opération s’est soldée par l’arrestation de 237 personnes, la saisie de 27,5 millions d’euros, la fermeture de 10 600 sites internet, et le démantèlement de 3 laboratoires clandestins.

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Synthèse du rapport par des étudiants du Master Sécurité, Intelligence et Gestion des risques (SIGR) de Sciences Po Lille (M. Donse, Michalland Wagee et Antoine, Mme Lemahieu et Richard). Résumé du rapport fait sous la supervision de securiteinterieure.fr dans le cadre du cours "Sécurité intérieure et menaces transnationales".

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